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ENCYCLOPEDIA TENEBRARUM

 
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Nymphe Ydeil
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Inscrit le: 14 Fév 2014
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Localisation: Citadelle Noire
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MessagePosté le: Mar 18 Fév - 06:59 (2014)    Sujet du message: ENCYCLOPEDIA TENEBRARUM Répondre en citant

PRÉFACE

Au fil des pages que voici, contes, mythes, légendes et traditions s'égrènent. Curieux, drôles, ténébreux ou colorés, ces récits vous feront découvrir ces terres merveilleuses où ils ont vu le jour et ont prospéré. La Sayyadina, treizième du titre, qui nous les transmet, a hérité de l'Encyclopedia Tenebrarum grâce au Mage Noir Cyroulette, qui lui a remis les écrits de Gaïa, la douzième Sayyadina, afin qu'elle puisse narrer l'histoire des Mages et des Nains, ce qu'elle s'efforce de faire aujourd'hui.

Les récits qui prennent vie à travers ces pages ont été récoltés un peu partout à travers les terres maudites par le biais de la douzième Sayyadina. Certains lui ont été soufflés par Nainterrupteur ou Grincheux, fiers représentants nains, d'autres par les Mages eux-mêmes. D'autres contes ont été murmurés par des bouches qui prononçaient avec vénération le nom des héros qui les peuplent. Quelques histoires vous seront sans doute familières. Qui ne connaît pas en effet l'aventure du mariage entre Nainsoumis et Skurokld ? Ou encore la tragique histoire du Dr. Nudji, corrompu par ses patients ? Qui, enfin, n'a jamais entendu parler de la grande épopée des guerres ordaliques qui opposèrent les Mages et les Nains au reste du monde connu ? Vous découvrirez également des contes moins populaires tels que l'aventure de l'anneau de jade ou la croisade de Nainpoléon.

Malgré l'universalité de ces légendes, personne n'avait encore songé à rassembler sous le même titre toute la richesse de ces textes. Voici qui est chose faite. Quelques-uns parmi nos lecteurs pourront contester aisément la véridicité de certains contes, notamment les plus anciens. Comme il arrive souvent aux traditions orales qui forgent notre folklore, quelques influences étrangères ont pu parasiter nos textes. Cela est dû en partie aux souvenirs parfois incertains des conteurs ou à la teinte particulière que prennent certains récits sous le fait de l'émotion. Nous nous en excusons par avance auprès de nos lecteurs les plus rigoureux. Du reste, nous espérons que cela ne gâchera en rien leur lecture.

Quelles que soient l'origine de ces récits et la précision avec laquelle ils ont été retranscrits ou compilés ici en dépit ou au profit de la dignité des mythes originaux, l'essentiel concerne plutôt leur rareté et l'émotion qu'ils soulèvent. Car s'y reflètent bien les puissances qui ont forgé le destin de deux familles, sur ces terres maudites où les Dieux eux-mêmes allaient naître et mourir, terres qui, seules, pouvaient voir fleurir avec tant de prolifération un imaginaire aussi riche de symboles, de grâce mélancolique, de familiarité et de semi-réalité.

Qu'il nous soit permis en dernier lieu de faire une suggestion aux lecteurs : pénétrez dans ce monde avec prudence. L'enchantement qui a scellé ces mots autrefois n'a peut-être pas totalement perdu de son pouvoir...
   
   


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MessagePosté le: Mar 18 Fév - 06:59 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Nymphe Ydeil
Runes

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Inscrit le: 14 Fév 2014
Messages: 2
Localisation: Citadelle Noire
Féminin

MessagePosté le: Mar 18 Fév - 07:05 (2014)    Sujet du message: ENCYCLOPEDIA TENEBRARUM Répondre en citant

Bon, j'éditerai pour ajouter les anciens rps, mais là je viens d'écrire ça, donc je vous le poste pour votre intérêt personnel et immédiat. Je ne corrige pas, c'est en mode brouillon, parce que là, j'ai pas les yeux en face des trous : il est 1h du mat et j'avais prévu de me coucher à 22h... Me suis perdue en route. Josh, puisque tu m'as lâchée en route, je poste ici au lieu du board.



La voix de la Prêtresse mourut et Aurora frissonna, les yeux clos. Quelque chose l’avait sorti de sa transe. Une sensation familière, venue d’une autre époque. Autour d’elle, on faisait silence, attendant la suite du récit. Peut-être ne serait-elle pas la seule à le raconter finalement. Elle sourit et se prépara à poursuivre, ses sens dirigés vers le pouvoir qui la sondait depuis la Citadelle Noire. Et le récit reprit.
 
« Il frappa d’abord sous les traits de son prédécesseur. Ceux qui furent ses premières victimes payèrent le prix de leur non-vigilence. Le bruit de ces combats se répandit comme une traînée de poudre, les légendes également. Cyroulette avait été un Mage puissant, mais discret, comme le sont tous les Mages que la puissance de la Magie rend circonspects et observateurs. Meia avait au contraire la fougue de la jeunesse et cette exubérance qui n’avait d’égale que la confiance qu’il avait en lui. Rapidement, l’on devina qu’il avait succédé à l’ancien Mage. Et les masques tombèrent. Il se révéla enfin à la lumière du monde, tandis qu’Ashura plongeait plus profondément dans l’ombre et le silence, observant la popularité grandissante de ce nouvel arrivant.
Un soir toutefois, Meia fit irruption dans la salle du conseil, au-devant des Mages et des Nains qui y étaient réunis. Comme à son habitude, Ashura écoutait les bavardages de ses alliés sans y participer, interrompant seulement les uns ou les autres pour distribuer conseils et suggestions ou rectifier un point stratégique. Lorsque le nouveau venu franchit le seuil de la salle, le Roi-Mage se raidit sur son siège. Meia alla droit sur lui et Ashura, plus tendu encore, se leva comme si on l’avait giflé. Autour de la tablée, on fit silence. Lord Stormhead, qui occupait le fauteuil à la droite du Roi-Mage, se leva à son tour et posa une main sur l’épaule de son allié. Celui-ci se dérida à peine. Seul un frémissement, sous la paume du Mage, lui fit savoir que son geste avait été perçu pour ce qu’il était : un avertissement, une incitation au calme et à la retenue.
 
— Nous devons parler, lança Meia lorsqu’il parvint au-devant du Roi-Mage.
 
Un murmure parcourut les rangs de l’assemblée. Jamais on ne s’était adressé à Ashura ainsi. Aucun d’entre eux ne se serait autorisé une telle liberté d’expression. Cependant, l’aîné de tous ne broncha pas. Il se contenta de balayer l’assemblée de ses prunelles dorées. Son ordre mental atteignit ses frères l’instant suivant.
 
— Laissez-nous seuls.
 
Si les Nains ne perçurent pas le message, ils comprirent néanmoins ce qui se passait, car ils emboîtèrent le pas à leurs alliés.
 
— Vous aussi, Stormhead, ajouta Ashura.
 
Cette fois, la voix du Roi-Mage s’était élevée, presque un murmure, grave et doux à la fois. Le jeune Mage n’avait pas bougé, malgré l’ordre précédent. Ils échangèrent un regard qui en disait beaucoup, puis le plus jeune tourna enfin les talons. La porte de la salle se referma sans bruit derrière lui. Ce que se dirent Ashura et Meia, nul ne le sut. Cette nuit-là, la Citadelle Noire demeura silencieuse. Les Nains quittèrent les murs ténébreux les uns après les autres, mais les Mages ne trouvèrent pas le repos. Ils sentaient que l’avenir de leur famille se jouait dans la salle du conseil.
Enfin, à l’aube, la porte s’ouvrit. Meia, l’expression indéchiffrable, quitta la pièce. Il ne prononça pas une parole, mais traversa la Citadelle et la quitta. Lord Stormhead, qui avait attendu de longues heures devant la salle du conseil, y pénétra dès son ouverture. Mais elle était vide. Ashura avait disparu par quelque sortilège dont il avait le secret. La confusion s’installa dans les rangs des Mages qui s’entretinrent ce matin-là sans savoir ce qu’il était approprié de faire. L’affrontement silencieux qui semblait opposer Meia au Roi-Mage n’échappait à personne. Bien qu’il n’ait tenu qu’à eux deux seuls de le régler, le conflit affectait désormais tout le monde.
Or, le problème ne devait pas préoccuper que les Mages. Cette nuit-là, quelqu’un d’autre avait veillé. Dans la taverne des Nains, Gaïa, la douzième Sayyadina, trop tourmentée pour dormir, avait cherché le sommeil en vain. Lorsque le sentiment d’oppression avait été trop important en elle pour qu’elle continue à lutter, la jeune femme était sortie. Accompagnée de son fidèle ami, un tigre blanc à dents de sabre, elle avait gagné les falaises d’ocre, un peu plus au sud. De ce point stratégique, elle avait vue sur la Citadelle Noire, en contrebas, la forêt maudite qui l’entourait, ainsi que le désert qui s’étendait à perte de vue au nord.
Gaïa s’était assise au bord du vide pour contempler à loisir le monde qui était le sien. L’aube colora les flèches ténébreuses de la Citadelle. Alors, quelque chose la tira de son observation. Là, dans les contreforts rocailleux, cela remuait. Le tigre blanc gronda avec douceur, son attention également focalisée sur les déplacements de l’individu qui louvoyait entre les rochers. La cape noire dont il était revêtu devint bientôt identifiable : c’était celle du Roi-Mage. À son approche, la Sayyadina se leva. Ashura la jaugea de ses étranges prunelles et s’arrêta. Intimidée, la jeune femme rougit. Elle était fraîchement initiée aux secrets des Mages et des Nains et, bien qu’elle ait déjà rencontré le Roi à plusieurs reprises, il l’impressionnait toujours autant.
 
— J’allais partir, trouva-t-elle le courage de dire.
 
Le Mage fronça les sourcils et leva une main gantée de noir en signe d’apaisement.
 
— Restez.
— Vous ne voulez pas…
 
Gaïa n’en dit pas plus. Elle avait eu un geste qui englobait le paysage, comme si Ashura avait pu s’intéresser à d’aussi basses contemplations, et se tût immédiatement. Le Roi-Mage la scruta à nouveau, sans répondre. La Sayyadina était de ces femmes qui peuvent tour à tour ployer sous l’échec et se montrer fières devant plus puissants qu’elles. Gaïa affronta donc l’examen auquel le Mage la soumettait sans sourciller cette fois. Elle riva ses prunelles à celles d’Ashura et lui retourna son regard sans savoir où elle puisait le courage de le faire. Lorsqu’il parla enfin, ce ne fut pas à voix haute, mais par le biais d’un sort mental.
 
Tu aurais fait une puissante Mage. Pourquoi as-tu rejoint les Nains?
 
Gaïa hésita sur la réponse à donner. Son ancien maître, le Général Lolo, l’avait déjà interrogée sur ce choix. À l’époque, elle lui avait répondu que les Nains étaient davantage unis que les Mages. Elle avait alors prédit avec beaucoup trop d’assurance que les Mages étaient voués à disparaître. Aujourd’hui, elle n’aurait pas mis sa main à couper pour une telle assertion. À mesure qu’elle réfléchissait, Ashura avait suivi son raisonnement. Aussi prit-il la parole à nouveau, avant même qu’elle n’ait répondu.
 
— Oui, tu aurais été une très puissante alliée. Les Nains ont beaucoup de chance. Les raisons qui t’ont poussée vers eux étaient… légitimes.
 
Le mot lui avait coûté. Elle lut en lui un regret latent qui n’avait rien à voir avec elle et son cœur lui dicta ses paroles.
 
— Vous n’êtes pas ici pour le paysage, n’est-ce pas ? interrogea-t-elle.
 
Comme le Roi-Mage ne lui répondait pas, elle ajouta avec douceur :
 
— Il n’y a rien au-delà de ces falaises…
— Je m’en vais.
 
Ashura riva ses prunelles aux siennes. Voyant qu’elle ne comprenait pas, il reprit mentalement :
 
Je quitte les Mages.
 
Quelque chose se fracassa dans le cœur de la Sayyadina. Les Mages Noirs sans Ashura n’étaient pas les Mages Noirs pour elle. L’inverse n’avait pas plus de sens. Elle trouva au fond de son incompréhension la voix ancienne d’un pouvoir plus ancien encore.
 
Vous ne pouvez pas !
— Mon temps est fini, Sayyadina. Je dois partir.
— Pourquoi ? C’est à cause de Meia ? Parce qu’il est… parce qu’il n’a pas…
 
Elle buta sur les mots, soudain furieuse, cherchant un coupable, quelqu’un sur qui déverser la colère qui grondait en elle. Elle se refusait à l’évidence.
 
Rien ne t’échappe donc, petite Sayyadina ? Où puises-tu tant de clairvoyance ?
 
Les épaules de la jeune femme s’affaissèrent.
 
— Il y a sûrement une autre solution, murmura-t-elle.
— Non, il est temps pour moi de passer la main. Je suis fatigué, j’ai trop vécu. Il est temps que je rejoigne mes frères et que je laisse la nouvelle génération influencer le destin de ce monde.
— Vous allez invoquer un successeur ?
— Oui.
 
Gaïa se mordit la lèvre. Elle n’était pas coutumière des traditions des Mages Noirs, mais des sentiments contradictoires s’agitaient en elle. Elle cherchait en vain les mots qui auraient pu retenir l’être puissant et menaçant dans l’ombre duquel elle avait grandi. Elle l’avait toujours craint et respecté, d’aussi longtemps qu’elle s’en souvienne et avant même de le connaître. Une larme s’écrasa sur sa joue qu’elle chassa avec colère. Elle se sentait ridicule. Une main gantée de noir souleva son menton et l’éclat déroutant des prunelles d’or l’observa à nouveau.
 
Veux-tu m’aider à invoquer celui qui me remplacera ?
— Oui.
 
Elle répondit d’une voix étranglée, à peine un murmure, ce, alors qu’elle ignorait bien comment faire.
 
Écoute ton cœur. Je vais puiser l’énergie qui est en toi et te communiquer la mienne. Laisse-toi aller et ne résiste surtout pas. Je te guiderai vers mon successeur et t’indiquerai lequel choisir.
 
Gaïa ferma les yeux, se focalisant sur la voix mentale du Roi-Mage. Elle le sentit prendre plus de place dans son esprit. Elle chercha comment lui rendre la pareille, espéra lui communiquer ainsi son énergie, mais Ashura occupa bientôt toutes ses pensées, de sorte qu’elle ne parvint à penser à rien d’autre et oublia ce qu’elle voulait faire. Un étrange calme s’empara d’elle. Elle sentit les vagues d’énergie glisser en elle, cascadant en vagues chaudes à travers son corps, électrisant sa peau, approfondissant son souffle. Puis les mots furent là. C’était la voix du Roi-Mage, mais aussi celles de milliers d’autres personnes. Gaïa n’entendait plus que la litanie profonde qu’ils égrainaient dans une langue qui lui était inconnue.
La Sayyadina referma ses poings sur ses paumes moites et ouvrit les yeux. Elle ne se sentait plus tout à fait elle-même, et en même temps, se sentait pleinement entière. Elle repoussa un peu les limites de cette nouvelle perception. Elle ne voyait que l’or qui coulait dans les yeux d’Ashura, elle ne percevait que l’énergie qui courait en elle, mais bientôt, elle goûta le souffle du vent qui glissait sur sa peau et lui apportait des effluves végétaux. Sous ses pieds, elle sentit le grain de l’herbe, et celui de la terre en dessous. Par-delà la mélopée du sortilège, elle perçut le hululement d’une chouette, les gémissements d’une portée de renardeaux au fond de son terrier, quelque part sur la gauche, le fourmillement de centaines de pattes de toutes tailles. Puis tout son corps se mit à battre au rythme d’un battement sourd et lent : celui du cœur de la terre.
Gaïa inspira profondément et expira. En elle, la litanie se poursuivait, plus profonde que jamais, martelant chacune de ses notes, accompagnant son souffle. Une nouvelle voix se mêla à celles, déjà multiples, des étrangers : la sienne. D’où lui venait la connaissance d’une telle langue, d’un tel sortilège, elle l’ignorait, mais soudain, elle perçut autre chose. La brûlure de quelque chose qui l’attirait de manière irrépressible, là, en bas de la falaise. Son esprit s’envola, plus rapide que le vent, à la vitesse infinie de la pensée, plongea au cœur de la Citadelle Noire et se dispersa. Il toucha successivement le pouvoir mental de tous les Mages, sans y trouver satisfaction. Alors elle poussa sa perception plus loin. Une flamme plus puissante encore brillait en ville. C’était celle de Meia, vive, colorée, éclatante d’énergie. Elle s’en détourna, continua son chemin.
Elle franchit les forêts, les lacs, les rivières. Elle plongea enfin au cœur des terres arides, suivant son instinct. Et trouva bientôt une nouvelle flamme. Elle était rouge, forte et massive comme celle d’un volcan qui est sur le point d’entrer en éruption. Quelque chose en elle focalisa toute l’attention de Gaïa. Au cœur de la jeune femme, la mélopée s’était suspendue un bref instant, quelques secondes seulement. Puis elle explosa comme dans un cri et retomba en d’infinis murmures qui se confondaient parfois, prononçaient mille mots dans mille langues anciennes ou encore à naître. La Sayyadina n’en avait cure. Elle était tout entière concentrée sur la flamme pourpre et son être n’aspirait qu’à la protéger, qu’à la contempler et la garder auprès d’elle à jamais. Elle se sentit partir vers elle, disperser chaque fibre de son esprit vers l’éclatant flambeau, se déliter.
 
Reviens, Sayyadina.
 
La voix d’Ashura brisa la transe de Gaïa. Soudain, elle fut au sommet d’une falaise. Le tigre blanc était couché à ses pieds, un grondement doux au fond de la gorge. Quant au Roi-Mage, il avait disparu. À sa place, un homme d’âge mûr contemplait la jeune femme. Elle se surprit à étendre sa perception vers lui – un pouvoir dont elle n’avait jamais conscience jusqu’à présent – et à effleurer la flamme pourpre qui l’habitait. L’éclat incandescent avait gagné en force et en taille.
 
— Ashura ? demanda Gaïa d’une voix étranglée.
— Je crois qu’il est parti, répondit l’étranger.
 
Elle savait qu’il disait la vérité : cet homme avait hérité des pouvoirs du Roi-Mage.
 
— Vous êtes une Mage Noire ?
— Non, pas vraiment.
— Sa… femme alors ?
 
Incrédule, Gaïa éclata d’un rire nerveux.
 
— Pardon ?
— C’est-à-dire que… comme vous l’avez assisté… j’ai pensé que vous deviez être quelqu’un d’important pour lui.
 
La Sayyadina ne rompit pas le silence tout de suite. Que pouvait-elle répondre ? La vérité lui semblait soudain bien pâle : simplement une étrangère qui passait par là au moment où le Roi-Mage en personne avait décidé de mettre fin à ses jours. La fatigue la rattrapa et elle tangua. L’homme, compréhensif, l’aida à s’asseoir.
 
— Vous n’aviez pas l’habitude des transferts ?
— C’est la première fois… mon premier sort.
— Vous commencez toujours par les tâches mortelles ?
 
Cela avait été dit sur le ton de la plus banale des questions, mais sous la badinerie, Gaïa sut qu’il disait la vérité : elle aurait pu se perdre dans les chemins tortueux du pouvoir. Seule la voix d’Ashura l’avait ramenée à temps.
 
— Ashura veillait sur moi, consentit-elle à répondre.
 
L’étranger se borna à lui sourire.
 
— Il faut croire que je suis le Fou du Roi alors, murmura-t-il en contemplant pensivement la vallée en contrebas.
 
À présent, la Citadelle Noire brillait de mille feux sous le soleil du matin.
 
— Le problème, c’est que je ne connais personne ici. Je ne sais même pas ce qu’il attendait de moi. Il ne m’a rien dit. Il m’a seulement confié son pouvoir. Je ne sais ni si les siens m’accepteront parmi eux, ni si j’ai des alliés sur ces terres.
— Vous m’avez moi, répondit spontanément Gaïa.
 
Ils échangèrent un bref regard. Et parce que sa famille était celle des Nains et non celle des Mages, elle ajouta sans réfléchir :
 
— Vous pourriez venir chez les Nains. Ma famille vous accepterait avec plaisir.
— Vous croyez ?
— J’en suis certaine.
 
Et le Fou du Roi, que l’on ne connut pas sous d’autres noms avant longtemps, descendit dans la vallée à la suite de Gaïa, la douzième Sayyadina, tandis que la Citadelle Noire avait perdu tour à tour ses deux plus vieux Mages. Ainsi fut scellé le destin des Mages qui par deux fois se brisa par le biais des successeurs qu’ils invoquèrent. »
 
Aurora se tut à nouveau. On avait tiré des caisses, des charrettes, où les spectateurs s’étaient installés pour l’écouter. Ils étaient à présent plusieurs centaines qui encombraient les ruelles, les balcons et la place.
 
— Pourquoi est-ce que le Roi-Mage a choisi ce successeur ? Est-ce qu’il était puissant ? demanda un petit garçon à la lippe boudeuse.
— Est-ce qu’il a tué Meia ? ajouta une fillette.
— Bien sûr que non, puisque Meia est devenu Empereur, riposta un autre. N’est-ce pas Sayyadina ?
— Est-ce que vous y étiez ? questionna une femme.
 
Aurora sourit et se leva du siège qu’on lui avait offert précédemment, prête à reprendre sa route.
 
— Non, je n’y étais pas, mais mon aïeule y était, expliqua-t-elle.
— S’il te plaît, Sayyadina, raconte-nous l’histoire des terres maudites!
 
Un pâle sourire aux lèvres, la Sayyadina se souvint que ces mots exacts avaient été prononcés autrefois par nul autre que Cyroulette tandis qu’il lui transmettait les grimoires des Mages Noirs et des Nains : « S’il te plaît, Aurora, raconte-nous l’histoire des terres maudites ! » Si seulement il avait pu la voir en ce jour… Car elle raconterait, elle le savait, tant qu’elle vivrait, l’histoire de son aïeule. Puis celle qui lui succéderait raconterait à son tour ce que la treizième Sayyadina avait vécu et ainsi de suite, tant que la malédiction qui les frappait sans relâche, génération après génération, ne leur permettrait pas le repos.
 
— Mon aïeule a vécu aux côtés de ces géants, a partagé leur Destin. Selon la promesse de Valföðr, désirez-vous en savoir plus ?
 
Une fois encore, la foule acclama l’espoir d’un nouveau récit et la treizième Sayyadina reprit l’histoire de la douzième représentante du titre.


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